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Pourquoi ne pas rester naturelle (nappy) lorsqu’on est belle ainsi ?

Inna Modja, une chanteuse d’origine malienne, en a fait son credo. Ses cheveux naturellement frisĂ©s lui vont Ă  merveille et lui donne un air presque ingĂ©nu. A Dakar, les salons de coiffure spĂ©cialisĂ©s fleurissent un peu partout. Le principe est simple : ne recourir Ă  aucun cosmĂ©tique qui mettrait en pĂ©ril les mouvements naturels de ses cheveux. Cette mode se rĂ©pand progressivement Ă  l’ensemble du continent africain
. Et le Maroc n’est pas en reste !

Inna Modja une femme nappy d'origine malienne

Inna Modja une femme nappy d’origine malienne

NĂ© de la contraction des mots Natural et Happy , le Nappy s’impose peu Ă  peu comme une Ă©vidence : pourquoi vouloir lutter contre la nature alors que celle-ci vous a parĂ© des plus beaux atouts ? Dans certains cas (rares heureusement), il sera nĂ©cessaire de couper court avant de pouvoir arborer une belle chevelure. Les produits trop agressifs dĂ©truisent durablement le cheveu et le mieux dans ce cas est de repartir Ă  zĂ©ro. Avec un cheveu crĂ©pu, on peut ĂȘtre nattĂ©, tressé  toutes les fantaisies sont autorisĂ©es. Il faut surtout bien hydrater le cuir chevelu Ă  l’aide d’un shampoing appropriĂ©, utiliser des accessoires qui donneront du volume, bref se donner un peu de mal. Mais rien n’est trop beau dans le Nappy
 ni trop cher ! Car c’est bien lĂ  que le mas blesse. Se rendre trĂšs rĂ©guliĂšrement chez des coiffeurs spĂ©cialisĂ©s coĂ»te cher
 trĂšs cher mĂȘme si on opte pour des salons de grand standing. On peut cependant, pour faire des Ă©conomies, acheter ses produits sur des sites d’annonces comme bikhir.ma.

Les stylistes marocains font dĂ©sormais appel Ă  des modĂšles adeptes du Nappy. L’Afrique se conjugue ainsi avec de nouvelles lignes de vĂȘtements ni traditionnels ni totalement modernes. La mode version Maroc c’est un peu tout Ă  la fois : des influences venues d’Afrique noire sans cesse revisitĂ©es. Allez cette fois c’est dĂ©cidĂ©, le cheveu dĂ©frisĂ© c’est terminĂ©, Ă  nous le naturel version Afro !


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Naturi Ebene, une femme de caractĂšre!

NAPPY. Je suis Naturi Ebene, jeune maman et entrepreneur de 30 ans. J’ai fondĂ© il y a 7 ans le forum Cheveux-Ebene dĂ©diĂ© Ă  la beautĂ© et Ă  l’entretien du cheveu naturel et pionnier dans le “nappy hair” francophone.

Je conseille, aide et accompagne depuis 7 ans, les femmes noires souhaitant apprendre Ă  s’occuper de leurs cheveux crĂ©pus en les entretenant sans dĂ©frisage. Je suis aujourd’hui la crĂ©atrice et la gĂ©rante de la boutique en ligne Mes Recettes CosmĂ©tiques qui commercialise des matiĂšres premiĂšres cosmĂ©tiques en mettant en avant les ingrĂ©dients de la pharmacopĂ©e africaine.

– Qu’est ce qui t’a dĂ©cidĂ© Ă  opter pour le naturel ?
J’ai toujours Ă©tĂ© intĂ©ressĂ©e par notre histoire, j’ai donc frĂ©quentĂ© les milieux Ă©litistes afrocentristes parisiens et je me suis rendue compte que je ne pouvais pas prĂŽner la renaissance africaine et la fiertĂ© de soi tout en dĂ©naturant mes cheveux. J’ai donc dĂ©cidĂ© de retourner au naturel il y a 7 ans. De mon cĂŽtĂ©, c’est vraiment pour des raisons politiques et non par effet de mode ou pour cause de cheveux abĂźmĂ©s.

– Des moments de doute ?
TrĂšs honnĂȘtement non, je n’ai jamais doutĂ©. Avant de big choper, j’ai pris le soin d’effectuer une transition psychologique qui m’a confortĂ© dans mon choix et m’a permis d’aborder mon retour au naturel de maniĂšre trĂšs saine et sereine.

Naturi Ebene de mes recettes cosmétiques

Naturi Ebene de mes recettes cosmétiques

-Ta routine du moment ?
Ma routine est de ne pas avoir de routine. Je suis naturelle depuis 7 ans donc je sais Ă©couter mes cheveux et leurs besoins. S’ils sont secs, je bois plus d’eau car on hydrate de l’intĂ©rieur et pas de l’extĂ©rieur. S’ils sont ternes ou fatiguĂ©s, je leur fabrique un de mes masques capillaires revitalisants aux protĂ©ines et aux huiles africaines. Ma seule frĂ©quence est le shampooing que je fais une fois par semaine.

– Ce que tu auras appris ?
Qu’il n’existe pas de cheveux trop crĂ©pus, juste des gens qui ne savent pas s’en occuper.

– Des produits stars ?
Ce sont en particulier les ingrĂ©dients issus de la pharmacopĂ©e africaine comme le beurre de kombo, le beurre de kpangnan, l’huile de manketti, l’huile de papaye, l’extrait de bissap ainsi que la pulpe de fruit de baobab qui fait des miracles sur les cheveux.
Mes liens:
Mesrecettescosmetiques.com

 


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Coaching nappy avec Naturi Ă©bene

Naturi Ă©bene et son coaching nappy

Nappy.L’équipe de Bana Mboka a rencontrĂ© Naturi ÉbĂšne, une jeune femme d’origine Camerounaise et Centrafricaine vivant en France et fondatrice de Mes Recettes CosmĂ©tiques, une structure qui fait dĂ©jĂ  parler d’elle depuis quelques annĂ©es.

Et pour cause, Naturi ÉbĂšne fait partie des pionniĂšres Ă  avoir lancĂ© le concept « nappy » en France, un nĂ©ologisme anglais nĂ© de l’association des mots « natural » et « happy » et dĂ©signant pour la femme noire le fait de porter une chevelure naturelle et crĂ©pue. Naturi a crĂ©e Cheveux ÉbĂšne il y a 7 ans, l’un des premiers forums encourageant le retour au cheveu afro. Au moyen d’échanges et de discussions, les jeunes femmes qui s’y inscrivaient pouvaient directement obtenir les conseils de l’administratrice qui avait elle-mĂȘme dĂ©jĂ  optĂ© pour un retour aux cheveux naturels, partageant ainsi sa propre expĂ©rience et divulguant toutes les astuces nĂ©cessaires pour abandonner le dĂ©frisage et prendre soin de leur cheveu crĂ©pu. TrĂšs rapidement, Cheveux ÉbĂšne deviendra la rĂ©fĂ©rence des femmes d’origine africaine au look « nappy » en France. Aujourd’hui, le forum compte plus de 7000 membres avec plus de 100 000 messages postĂ©s. Naturi ÉbĂšne a donc convaincu des centaines de femmes Ă  retourner au naturel, ce qui l’a conduite Ă  finalement crĂ©er le site internet Mes Recettes CosmĂ©tiques afin de centraliser et vulgariser l’information qui Ă  son sens Ă©tait trop souvent mĂ©connue. Et plus rĂ©cemment, elle a lancĂ© la boutique en ligne « Mes recettes cosmĂ©tiques » oĂč elle met en vente divers produits naturels dont plusieurs sont issus de la pharmacopĂ©e africaine afin de permettre aux femmes de confectionner elles-mĂȘmes leurs produits cosmĂ©tiques.
Quand Naturi ÉbĂšne explique son parcours, elle confie avoir toujours Ă©tĂ© intĂ©ressĂ©e par l’histoire du peuple noir. Elle a frĂ©quentĂ© les milieux Ă©litistes afro-centristes parisiens dont elle a rĂ©guliĂšrement assistĂ© aux colloques et aux meetings. « Je ne pouvais plus prĂŽner la fiertĂ© des nĂŽtres tout en continuant  Ă  me dĂ©naturer les cheveux. C’est pourquoi depuis 7 ans j’apporte aide, conseil et accompagnement aux femmes souhaitant enclencher le processus de retour au naturel. Quand j’ai crĂ©e Cheveux ÉbĂšne, presque rien n’existait et je savais que je n’étais pas la seule Ă  rechercher ce type d’information. » nous raconte t-elle.

Aujourd’hui, NaturiÉbĂšne se consacre Ă  plein temps Ă  son activitĂ© et a dĂ©veloppĂ© tout un concept de coaching pour assister ces femmes qui souvent se retrouvent inondĂ©es d’informations sur internet. Comme elle nous l’explique, sa mĂ©thode de coaching est personnalisĂ©e selon les besoins de chaque femme et s’effectue en plusieurs phases dans une ambiance conviviale autour d’un verre: « Il y a d’abord ce que j’appelle ‘la transition psychologique’. Il s’agit d’une transition abstraite, d’une phase durant laquelle nous nous questionnons quant Ă  notre motivation d’arrĂȘter le dĂ©frisage, d’en comprendre les rouages et pourquoi il est essentiel d’arrĂȘter. Car, malheureusement, dans le monde des nappy il y a une hiĂ©rarchie tacite qui vise Ă  propulser le cheveu bouclĂ© plus haut que le cheveu crĂ©pu. Quand une fille crĂ©pue comprend qu’elle n’aura jamais les cheveux bouclĂ©s, car ce n’est pas sa nature, il arrive qu’elle abandonne. Cela est liĂ© Ă  une mauvaise transition psychologique. VoilĂ  pourquoi il est important de se questionner sur ses propres motivations. Puis je leur parle de la transition capillaire qui est la transition concrĂšte. Je leur donne des conseils et des astuces comme ne jamais dĂ©mĂȘler ses cheveux Ă  sec. Je les incite Ă©galement Ă  modifier le champ lexical de leur chevelure et Ă  valoriser ce qu’elles ont. En fin de session, nous fabriquons un produit capillaire avec lequel la participante repart. »

Naturi n’a pas uniquement assistĂ© et convaincu les femmes d’origine africaine Ă  abandonner le dĂ©frisage. En effet, parmi ses contacts figurent de nombreuses femmes europĂ©ennes qui ont adoptĂ© des enfants noirs ou qui ont des enfants mĂ©tis mais ne savent pas comment s’occuper des cheveux crĂ©pus. Sa longue expĂ©rience dans le retour au naturel lui a aussi permis d’analyser et de comprendre pourquoi certaines femmes refusent de porter le cheveu naturel. « Nous avons pour la plupart Ă©tĂ© dĂ©frisĂ©es avant d’ĂȘtre naturelles donc nous savons ce qui se passe dans les tĂȘtes. Omettre les facteurs de complexe et d’aliĂ©nation serait mentir car la plupart d’entre nous a au moins rĂȘvĂ© une fois d’avoir les cheveux lisses comme les Caucasiennes. Le manque d’information joue aussi beaucoup car quand on ne sait pas s’occuper de ses cheveux, et bien, on les dĂ©frise » nous rĂ©vĂšle Naturi.

Et sur la question de la rĂ©volution des mentalitĂ©s, la  jeune femme affirme avoir constatĂ© un rĂ©el changement et un vĂ©ritable engouement de la part des femmes afro-descendantes. Mais elle signale qu’ils ne datent pas d’aujourd’hui et Ă©taient dĂ©jĂ  prĂ©sents Ă  l’époque oĂč le phĂ©nomĂšne nappy avait fait son apparition, c’est Ă  dire 7 annĂ©es plus tĂŽt lorsqu’elle crĂ©ait son forum. Naturi ÉbĂšne avoue constater avec plaisir la crĂ©ation de plusieurs blogs, sites internet ou pages facebook qui aujourd’hui traitent du cheveu crĂ©pu, car se dit-elle, son forum a visiblement encouragĂ© et inspirĂ© pas mal de « nappy girls » dans cette dĂ©marche.

Cependant, Naturi ÉbĂšne ne se limite pas qu’au retour aux cheveux naturels. Il y a 7 ans, en prenant la dĂ©cision de renoncer au dĂ©frisage, elle avait Ă©galement dĂ©cidĂ© d’arrĂȘter l’usage de tout produit issu de l’industrie pĂ©trochimique. « Le monde naturel nous offre tant de possibilitĂ©s. Je savais qu’en Afrique les femmes crĂ©aient elles-mĂȘmes leurs cosmĂ©tiques et je me suis dite ‘pourquoi pas moi?’ AprĂšs de nombreuses recherches j’ai fabriquĂ© mon premier soin, un cĂ©rat, c’est Ă  dire un mĂ©lange de cire d’abeille, d’huile et d’eau puis j’ai continuĂ©. Vu l’engouement des gens qui savaient que je fabriquais seule mes produits cosmĂ©tiques, j’ai dĂ©cidĂ© de partager mes recettes et mon expĂ©rience. » dĂ©clare t-elle.

Toutefois, le fait pour Naturi ÉbĂšne de confectionner ses propres produits ne l’incite pas Ă  dĂ©courager celles qui optent plutĂŽt pour les produits industriels. Pour elle, chacun et chacune est libre d’utiliser les produits de son choix mais elle prĂ©conise tout de mĂȘme de le faire de maniĂšre avertie et en toute connaissance de cause. Elle nous rappelle que les produits pĂ©trochimiques sont cancĂ©rigĂšnes et qu’il suffit de lire les Ă©tudes qui ont Ă©tĂ© faites concernant leurs utilisations.« Les parabens (conservateurs hautement toxiques) utilisĂ©s depuis des dĂ©cennies viennent juste d’ĂȘtre retirĂ©s de la liste des ingrĂ©dients mĂȘmes chimiques car trop dangereux. Aujourd’hui de plus en plus de d’hommes et de femmes ont des problĂšmes de procrĂ©ations et cela n’est ni anodin ni arrivĂ© comme ça. Il faut vraiment chercher Ă  se rapprocher d’ingrĂ©dients sains et naturels. » fait-elle remarquer. Dans sa boutique « Mes recettes cosmĂ©tiques » vous trouverez des matiĂšres premiĂšres cosmĂ©tiques telles que des huiles vĂ©gĂ©tales, des beurres vĂ©gĂ©taux, des actifs cosmĂ©tiques, des Ă©mulsifiants qui liĂ©s ensemble crĂ©ent de vĂ©ritables soins. « Je mets un point d’honneur Ă  mettre en avant les produits de la pharmacopĂ©e africaine. J’’ai quand-mĂȘme tenu Ă  me rendre au pays (Cameroun) afin de prendre les enseignements de ma grand-mĂšre et d’autres femmes sur la pharmacopĂ©e africaine. »rajoute Naturi.

Et pour clore, notre pionniĂšre du look nappy nous explique son conceptet celui de sa boutique Mes recettes cosmĂ©tiques:« Mon concept Ă  moi est de rendre les gens autonomes et de leur laisser le choix de fabriquer leurs propres cosmĂ©tiques avec de vrais produits actifs. Pour le moment je ne vois pas l’intĂ©rĂȘt de crĂ©er une Ă©niĂšme marque. Dans 10 ans tout le monde connaĂźtra la cosmĂ©tique Ă  faire soi-mĂȘme. Plus tard, je me vois en train de conquĂ©rir le monde et donner ce goĂ»t du naturel comme je l’ai fais en France »

Nous souhaitons longue vie à Naturi ÉbĂšne et l’encourageons Ă  continuer Ă  contribuer au bien-ĂȘtre des femmes d’origine africaine qui dĂ©sormais portent fiĂšrement leur chevelure afro et sont trĂšs heureuse d’ĂȘtre ce qu’elles sont.

 


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NĂ©e entre 1910 et 1920 Ă  Kabrousse dans le quartier de Mossor, la fille de Silosia Diatta et d’Assonelo Diatta, est devenue le symbole de la rĂ©sistance de la Casamance Ă  toute forme de domination.

Avec la mort prĂ©maturĂ©e de son pĂšre elle sera prise en charge par son oncle paternel Elaballin Diatta. TrĂšs jeune, elle quitta son village pour aller travailler Ă  Ziguinchor comme docker. Mais Ă  cause des conditions de vie Ă©prouvantes, elle va quitter la Casamance pour Dakar, oĂč elle sera bonne Ă  tout faire chez un colon du nom de Martinet, RĂ©gisseur des produits de base dans l’Ouest africain. Elle devait avoir 18 Ă  19 ans.

Pour certains elle eut sa premiĂšre rĂ©vĂ©lation en 1941 Ă  Dakar, lui demandant de rentrer chez elle, d’oĂč elle mĂšnerait une lutte pour sauver le « SĂ©nĂ©gal » du colon. D’autres sources prĂ©cisent que c’est le 8 mars 1940, en se rendant au travail, qu’elle entendit une voix lui dire « Rentre chez toi, ou il t’arrivera malheur ».Mais elle n’a pas obtempĂ©rĂ©. Au quatriĂšme jour, Ă  son rĂ©veil, elle constata qu’elle Ă©tait paralysĂ©e. Elle sera ramenĂ©e en Casamance oĂč la paralysie cessa dĂšs son arrivĂ©e, mais elle en gardera des sĂ©quelles, notamment en boitillant.

Elle demanda Ă  son peuple le refus catĂ©gorique de toute activitĂ© imposĂ©e par les colons (refus de payer l’impĂŽt en espĂšces ou en nature, rejet de la culture d’arachide au dĂ©triment de celle du riz, recrutements/enrĂŽlements pour la guerre) et engagea celui-ci sur le chemin de la rĂ©sistance. En outre, elle disait aussi ĂȘtre porteuse d’un message divin qui consistait en un retour aux sources. Ainsi, elle rĂ©habilita l’ancienne semaine diola des 6 jours (5 jours travaillĂ©s et repos le 6e jour), ordonna des sacrifices, de nouvelles formes de priĂšres, une nouvelle religion traditionnelle.

Faiseuse de miracles

Aline Sitoé Diatta

Une sĂ©cheresse s’étant abattue sur son village, la population lui demanda d’agir. Pour certains, c’est aprĂšs une concentration, suivie de ses incantations que la pluie vint, et que la sĂ©cheresse fut balayĂ©e. Pour d’autres, c’est aprĂšs le sacrifice de boeufs noirs que les pluies bienfaisantes arrosĂšrent les riziĂšres dessĂ©chĂ©es.

Elle fut aussi capable d’accomplir des miracles. Elle commença par guĂ©rir des malades rien que par une imposition de mains. Cela s’était produit presque Ă  son insu. Elle rendait visite Ă  une famille et, miraculeusement, dĂšs qu’elle tournait le dos, un homme ou une femme alitĂ©s retrouvaient leur entrain grĂące Ă  la poignĂ©e de main d’Aline.

Son nom se rĂ©pandit dans toute la rĂ©gion. De nombreuses dĂ©lĂ©gations villageoises se rendirent Ă  Kabrousse pour la rencontrer. L’audience de la prophĂ©tesse ne cessa de croĂźtre car, en plus des diffĂ©rents miracles qu’on lui attribuait, son message de respect pour les traditions, touchait tous les groupes ethniques, quelle que soit leur obĂ©dience religieuse. Et comme l’ancien Roi de Casamance Ă©tait mort, et que son successeur ne pouvait ĂȘtre qu’une personne douĂ©e de pouvoirs surnaturels, on pria Aline SittoĂ© d’assumer la charge. « Elle fut sacrĂ©e reine » et beaucoup de monde venait en pĂšlerinage, ou pour faire les sacrifices qu’elle rĂ©clamait en vue du pardon divin (ou pour que la pluie tombe, etc.)

Rebelle et insoumise

Devant le nombre de plus en plus important de gens qui venaient en « pĂšlerinage » ou qui se rĂ©clamaient de ses « idĂ©es » ou qui dĂ©sobĂ©issaient aux toubabs, les colons sentant le danger grandir de plus en plus, se lancĂšrent Ă  sa recherche
 L’administration coloniale dĂ©crĂ©ta qu’elle Ă©tait rebelle et insoumise, qu’elle prĂŽnait une insurrection rampante, qu’elle s’opposait Ă  la France et qu’elle Ă©tait Ă  abattre. C’est ainsi que les soldats arrivĂšrent un jour oĂč elle Ă©tait en rĂšgles « menstruelles » (chez les diola, les rĂšgles sont considĂ©rĂ©es comme impures et la femme en rĂšgles doit, entre autres, quitter son domicile pour aller dormir dans un lieu rĂ©servĂ© Ă  cet effet). Ils tirĂšrent sur ceux qui se trouvaient dans les alentours tuant une femme qu’ils prenaient pour Aline SitoĂ©, (sa coĂ©pouse nous dit-on). Le lendemain, pour Ă©viter que d’autres innocents furent tuĂ©s, elle alla elle-mĂȘme se prĂ©senter aux colons.

Aline SitoĂ© Diatta fut arrĂȘtĂ©e, le 8 mai 1943. On mit aussi son mari aux arrĂȘts. Il sera libĂ©rĂ© des annĂ©es plus tard. La Reine-prĂȘtresse de Kabrousse alla d’une prison Ă  l’autre au SĂ©nĂ©gal et en Gambie et finalement fut dĂ©portĂ©e Ă  Tombouctou, au Mali, oĂč elle sera dĂ©clarĂ©e morte en 1944. Elle a probablement succombĂ© aux brimades, aux tortures aux privations de nourriture et au refus de la soigner lorsqu’elle tombait malade.


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Cette question n’a pas cessĂ©, depuis plusieurs dĂ©cennies, d’alimenter les discussions ou de permettre des prises de positions assez tranchĂ©es, au sein mĂȘme de cette sociĂ©tĂ©, mais aussi et surtout en dehors de celle-ci.

Longtemps considĂ©rĂ©e dans certaines coutumes africaines, et mĂȘme sĂ©nĂ©galaises, comme infĂ©rieure Ă  l’homme et devant se soumettre Ă  lui, ou du moins comme une personne devant seulement s’occuper de son foyer, la femme africaine a fini par se mettre Ă  l’écart de toutes les sphĂšres de dĂ©cisions mĂȘme dans la sociĂ©tĂ© moderne. Elle devait obĂ©ir Ă  ses parents, Ă  son Ă©poux ; son avis n’étant presque jamais tenu en compte. Elle n’est pas consultĂ©e avant les prises de dĂ©cisions mĂȘme pour ce qui la concerne. Son rĂŽle principal Ă©tait non seulement de s’occuper du foyer mais aussi d’assurer la pĂ©rennisation de la famille : pour cela la femme sans enfant Ă©tait peu considĂ©rĂ©e.

Bien que marquĂ©e encore par le poids de la coutume, la femme sĂ©nĂ©galaise semble aujourd’hui sortir progressivement de ce stĂ©rĂ©otype qui l’a longtemps caractĂ©risĂ©e.
Le SĂ©nĂ©gal est un de ces pays africains dans lesquels les femmes se sont mises, au fil des annĂ©es, au premier plan dans la vie sociale, politique et Ă©conomique. Les associations fĂ©minines y sont florissantes, ce qui a conduit au niveau Ă©tatique Ă  la crĂ©ation du Fond national pour la promotion de l’entreprenariat fĂ©minin (FNPEF).

Les principaux Ă©lĂ©ments qui rendent minimes la participation des femmes Ă  la vie de la citĂ© dans ce monde moderne sont : le taux Ă©levĂ© de l’analphabĂ©tisme, la faible participation ou intĂ©gration dans les activitĂ©s socio-Ă©conomiques et le poids des coutumes ou traditions.

Elles Ă©taient totalement absentes des activitĂ©s gĂ©nĂ©ratrices de revenus. Aujourd’hui, la pente connaĂźt un rĂ©el redressement et il n’est pas rare de voir, dans certains foyers, la femme tenir le rĂŽle traditionnel de l’homme, c’est-Ă -dire pourvoir aux besoins de la famille et mĂȘme parfois prendre aussi en charge Ă©conomiquement son mari.

La femme sĂ©nĂ©galaise, quoi qu’on puisse dire, a une indĂ©pendance et une autonomie plus ou moins importante, selon les rĂ©gions et la religion. Elle est aujourd’hui prĂ©sente dans tous les domaines Ă©conomiques (financier, agricole, commercial, …) ; nombres d’entres elles sont arrivĂ©es aux plus hauts postes administratifs ou rangs sociaux du pays (dĂ©putĂ©s, ministres, leader de parti politique, PDG…).

Comme dans beaucoup de pays en voie de dĂ©veloppement, l’illettrisme et l’analphabĂ©tisme sont importants au SĂ©nĂ©gal et sont un frein Ă  la croissance. Ils constituent en fait dans notre sociĂ©tĂ© moderne le point principal de la relĂ©gation de la femme en seconde zone. Dans le monde rural et dans une moindre mesure, dans le monde urbain, les parents investissent plus facilement dans le suivi scolaire du garçon que dans celui de la jeune fille. En effet, selon certaines statistiques, au SĂ©nĂ©gal seulement 20% des femmes sont alphabĂ©tisĂ©es (une sur cinq) contre 45% des hommes (presque un sur deux). Depuis quelques annĂ©es maintenant, le gouvernement sĂ©nĂ©galais a mis sur pieds un programme de lutte contre l’analphabĂ©tisme et l’illettrisme. L’accent est surtout mis sur l’accĂšs des jeunes filles Ă  l’école au mĂȘme titre que leurs compagnons garçons.

Longtemps, dans beaucoup de coutumes africaines, on a pensĂ© que la scolarisation des filles n’était pas nĂ©cessaire, vu que celles-ci sont appelĂ©es, par les liens du mariage, Ă  quitter leur famille d’origine. Mais force est de reconnaĂźtre que l’élĂ©vation du niveau d’éducation des filles a une incidence favorable sur la croissance Ă©conomique. Une Ă©ducation, dĂ©passant les dix ans de scolarisation, conduit, selon des Ă©tudes, Ă  un pouvoir Ă©conomique accru, Ă  un taux de fĂ©conditĂ© infĂ©rieur, Ă  une amĂ©lioration de la survie infantile, et Ă  une rĂ©duction de la mortalitĂ© liĂ©e Ă  la maternitĂ©. Selon Mark Blackden, spĂ©cialiste principal des questions d’inĂ©galitĂ© entre les sexes de la rĂ©gion Afrique Ă  la Banque mondiale. «En Afrique subsaharienne, les efforts de lutte contre la pauvretĂ© ont Ă©tĂ© entravĂ©s par la discrimination dont souffrent les femmes».

Dans certaines villes du pays et particuliĂšrement dans la capitale, Dakar, on voit la situation s’inverser petit Ă  petit et des experts pensent que d’ici cinq ans, la population fĂ©minine, au niveau lycĂ©e dans la rĂ©gion, sera supĂ©rieure Ă  la population masculine.

Au SĂ©nĂ©gal, les femmes dĂ©tiennent quasi le monopole du petit commerce et de l’exploitation des fruits et lĂ©gumes. En association ou de maniĂšre individuelle, elles sont prĂ©sentes dans tous les marchĂ©s du pays. La micro entreprise est aussi un lieu dans lequel la prĂ©sence fĂ©minine est trĂšs importante. «Il est Ă©vident que le manque d’accĂšs des femmes aux ressources Ă©conomiques, Ă  la propriĂ©tĂ© et aux titres fonciers contribue Ă  anĂ©antir les efforts de lutte contre la pauvretĂ© en Afrique […] Les femmes africaines sont des agricultrices et exĂ©cutent 70% au moins, des tĂąches agricoles. L’agriculture est de loin, la principale source d’emplois et de revenus des pays au Sud du Sahara. Paradoxalement, une grande partie des revenus des activitĂ©s Ă©conomiques revient aux hommes, les femmes n’ayant pas leur mot Ă  dire », explique Blackden de la Banque Mondiale.

Aujourd’hui, les femmes africaines sont de plus en plus actives dans le domaine de la micro finance. De fait, depuis quelques annĂ©es, s’est dĂ©veloppĂ© au SĂ©nĂ©gal un phĂ©nomĂšne assez particulier et qui gagne de plus en plus du terrain, mĂȘme en zone rurale. Ce nouveau phĂ©nomĂšne est celui des « Tontines ».

Ce nom viendrait de Tonti : nom d’un banquier italien (Lorenzo TONTI ) du XVII siĂšcle. Son invention est la toute premiĂšre tentative d’utilisation de lois de probabilitĂ© pour constituer des rentes .
Ce systĂšme d’Ă©pargne semble rĂ©pandu sur l’ensemble du continent. Il est quasi exclusivement pratiquĂ© par les femmes. La tontine est avant tout un systĂšme de rĂ©partition des ressources Ă  l’Ă©chelon local, et elle dĂ©passe rarement le cadre du petit groupe d’amis ou du quartier ou du village. Le principe de la tontine pratiquĂ©e au sĂ©nĂ©galaise est simple : chaque semaine la mĂšre de famille donne une somme fixe (habituellement entre 500 et 1000CFA) et, mensuellement, une ou plusieurs familles se voient attribuer Ă  tour de rĂŽle, et gĂ©nĂ©ralement en prĂ©sence de tout le groupe, une somme importante. Cette somme attribuĂ©e Ă  l’avance permettra Ă  la famille nĂ©cessiteuse d’avoir une importante somme avant que son tour suivant n’arrive.

Si ce systĂšme a connu et connaĂźt encore de beaux jours, c’est certainement Ă  cause d’une confiance mutuelle rĂ©gnante entre les femmes qui composent ce groupe et qui se connaissent gĂ©nĂ©ralement toutes ; mais aussi Ă  cause de leur solidaritĂ©, avec la possibilitĂ© du groupe d’intervenir dans des cas particuliers directement envers l’une d’entre elles qui Ă©prouveraient des difficultĂ©s rĂ©elles. Il faut aussi prĂ©ciser qu’avec la « Tontine », la personne ne rembourse pas le montant allouĂ©, mais devra simplement s’acquitter de sa cotisation chaque semaine. Ce qui rend ce systĂšme plus acceptable que les banques traditionnelles pour nombre d’africains : c’est que dans la plupart des cultures, et particuliĂšrement dans les cultures sĂ©nĂ©galaises, les gens sont moins portĂ©s Ă  contracter des dettes, mais plutĂŽt Ă  faire le troc ou l’échange. Sans oublier que, avec les prĂȘts, les banques poursuivent en justice en cas de non remboursement et vous arrachent tout ce que vous leur devez.

Un des nombreux problĂšmes que rencontrent les femmes au SĂ©nĂ©gal, et dans tant d’autres pays africains, est bien celui de la polygamie. Elle est massivement rejetĂ©e par les femmes qui de plus en plus optent pour la monogamie, mĂȘme si au sein de certaines religions, traditionnelles at musulmane, l’homme a droit Ă  prendre plusieurs Ă©pouses. Celles qui s’y opposent le plus sont surtout celles qui sont instruites ou qui vivent en ville. Mais il faut reconnaĂźtre que cela n’est pas exclusif, parce qu’il n’est pas rare de rencontrer une intellectuelle deuxiĂšme Ă©pouse ou le contraire : une femme de zone rurale, peu ou presque pas instruite pent refuser un homme parce qu’il est dĂ©jĂ  mariĂ©. La pression familiale ou sociale reste toujours forte et le mariage forcĂ© ou arrangĂ© existe encore. Les femmes, pour lutter contre les abus, ont crĂ©Ă© des associations, mais parfois peu connues.

La culture, comme mode de vie d’un peuple quelconque avec ses expĂ©riences propres, plante toujours ses racines dans un passĂ© plus ou moins lointain et qui le caractĂ©rise. Elle n’est pas une chose statique ; elle est appelĂ©e Ă  Ă©voluer, Ă  se parfaire avec le temps et les nouvelles expĂ©riences faites par cette sociĂ©tĂ©. Le contact avec une culture Ă©trangĂšre a toujours Ă©tĂ©, et de maniĂšre souvent inconsciente, un moment d’échange, ou mieux, de copie et intĂ©gration mutuelles de certaines valeurs de l’autre, absentes ou moins en exergue dans l’une.

La rencontre avec la culture europĂ©enne a, dans ce sens, permis Ă  la sociĂ©tĂ© africaine de prendre conscience, sur certains points, du rĂŽle plus ou moins secondaire qu’occupe la femme. Cette situation ne semble pas gĂ©nĂ©rale, car il existe des sociĂ©tĂ©s africaines oĂč la femme n’envie pas sa consoeur europĂ©enne considĂ©rĂ©e comme la plus Ă©mancipĂ©e. Nous pouvons citer au SĂ©nĂ©gal l’exemple de la Reine Aline Sitoe qui a dirigĂ© la rĂ©sistance dans le royaume Diola Kassa au Sud du pays contre les colons europĂ©ens

S’il est vrai que la femme africaine, particuliĂšrement sĂ©nĂ©galaise, cherche encore Ă  se frayer une place confortable dans la sociĂ©tĂ© du point de vue de l’égalitĂ© homme-femme, il n’en demeure pas moins qu’à ce jour, elle puisse se sentir de plus en plus autonome et libre dans ses activitĂ©s quotidiennes, et de pouvoir, comme les hommes, exercer une activitĂ© gĂ©nĂ©ratrice de revenus qui lui soient propres.

Ce qui semble manquer le plus Ă  la femme sĂ©nĂ©galaise, c’est bien cette autonomie financiĂšre qui l’amĂšnera Ă  ne pas dĂ©pendre entiĂšrement de l’homme ; mais aussi l’égalitĂ© des chances Ă  l’éducation. La volontĂ© politique de changer cette situation qui est un frein Ă  la croissance mĂȘme de ce pays pourra crĂ©er, et de maniĂšre peut-ĂȘtre imminente, une nouvelle force tant sur le plan Ă©conomique que social : la force fĂ©minine qui se prĂ©sente de plus en plus en Afrique comme une voie obligatoire pour un dĂ©veloppement durable et global.


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L’Art et le design Ă  l’Africaine

Joelle Le Bussy, directrice de la galerie ARTE

A 51ans, JoĂ«lle le Bussy est mĂšre de deux enfants et aussi grand-mĂšre, elle est la directrice de la galerie ARTE Ă  Dakar depuis 13 ans. Galeriste et designer, elle intĂšgre aussi bien l’art et le design dans l’espace de la galerie que dans son processus de crĂ©ativitĂ©. Elle incorpore ainsi l’art traditionnel dans des meubles contemporains. JoĂ«lle est aussi designer d ‘intĂ©rieur et collabore avec ses clients en quĂȘte d’un environnement agrĂ©able et personnalisĂ©.

Vous ĂȘtes galeriste, designer, ancienne membre du comitĂ© scientifique de la Biennale de Dak’Art. Vous exposez en Afrique, en Europe et aux Etats-unis et vous avez rĂ©cemment obtenu le Prix du Design de la Fondation Thamgidi lors de la derniĂšre Ă©dition du Dak’Art
Pouvez-vous nous parler de votre parcours et notamment de celle de la galerie ARTE?

La Galerie ARTE a Dakar Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 1996, celle de Saly il y a 2 ans. Elle est spĂ©cialisĂ©e dans l’art, l’artisanat d’art, le design et plus rĂ©cemment dans la dĂ©coration d’intĂ©rieur. Au dĂ©but j’ai commencĂ© par la prĂ©sentation d’artistes plasticiens en majoritĂ© SĂ©nĂ©galais. ParallĂšlement, je « designais » des meubles fabriquĂ©s en sous-traitance par des menuisiers. Je me suis trĂšs vite confrontĂ©e Ă  des problĂšmes de dĂ©lais, de finition et aussi de plagiat. Donc en 2000, J’ai crĂ©Ă© un atelier de production de meubles pour avoir plus de contrĂŽle sur celle-ci. Les Ă©bĂ©nistes de la GALERIE sont tous Casamançais. Le chef d’atelier, Lamine, a rassemblĂ© autour de lui les meilleurs Ă©bĂ©nistes de sa rĂ©gion. Ceux ci ont une connaissance du bois qu’ils tiennent de leur culture, ils savent mieux le travailler que quiconque, en particulier les essences de bois trĂšs dures comme le vĂšne, le dimb ou le rĂŽnier. Ils tirent cette connaissance du bois par tradition car les adolescents reçoivent une initiation dans le bois sacrĂ© qui leur permet d’honorer et de respecter le matĂ©riau.

Aujourd’hui il semble que le design de meubles contemporains constitue une des activitĂ©s principales de la galerie. D’oĂč provient cette passion, cette fascination pour le bois ?

Lorsque j’étais enfant, mes parents avaient l’habitude de m’emmener visiter les expositions et surtout les antiquaires. Ils avaient un vĂ©ritable amour pour les meubles en bois cirĂ©s, ce sont eux qui m’ont transmis cette passion. En 1981, je me suis mariĂ©e et je suis venue vivre au SĂ©nĂ©gal. J’ai voulu alors meubler ma maison et je n’ai trouvĂ© aucun meuble Ă  mon goĂ»t. Les seules boutiques de la place proposaient des meubles brillants en provenance d’EUROPE. J’ai trouvĂ© dommage de ne pas profiter du bois massif, prĂ©cieux dont on dispose en Afrique et qui est tout simplement exportĂ© en Europe (et maintenant en Chine..) Ces bois sont ensuite rĂ©importĂ©s en AFRIQUE, transformĂ©s en panneaux de particules, sous forme de meubles qui ne me plaisaient pas. J’ai travaillĂ© pendant 8 ans dans une grande sociĂ©tĂ© de transit de la place et chaque jour je voyais des conteneurs de meubles dĂ©barquer au port et les dĂ©douaner amenait toutes sortes de tracasseries administratives, sans parler des droits de douane exorbitants. Je me suis demandĂ©e pourquoi les SĂ©nĂ©galais ne consommeraient pas d’avantage de meubles fabriquĂ©s localement. Nous avons en effet du bois magnifique en Afrique et des artisans trĂšs habiles au SĂ©nĂ©gal
Pourquoi importer des meubles qui souvent sont faits de particules de bois aux finitions trompeuses? Petit Ă  petit l’idĂ©e Ă  germĂ© et j’ai donc ouvert la galerie pour prĂ©senter non seulement des tableaux mais aussi des meubles originaux, aux finitions soignĂ©es, fabriquĂ©s localement dans des essences de bois massif, prĂ©cieux et de premiĂšre qualitĂ© .

Vous dites « que vos meubles racontent l’histoire esthĂ©tique de l’Afrique » Pourriez-vous dĂ©finir quelques concepts de votre processus de crĂ©ativitĂ© ?

J’ai lancĂ© deux collections de meubles et objets. La premiĂšre est la collection THIOSSANE oĂč, pour le design des meubles, je rĂ©cupĂšre des Ă©lĂ©ments traditionnels de l’Afrique comme les portes Dogon, BaoulĂ©, Ashanti que j’intĂšgre dans mes meubles. Ainsi Ă  travers ce geste, les portes Dogon transmettent et perpĂ©tuent l’histoire du peuple Dogon avec contemporanĂ©itĂ©. Pour les accessoires comme les poignĂ©es et boutons de porte en bronze, Ils sont tous faits Ă  la main avec la technique de la cire perdue ; une tradition artisanale Africaine qui est aussi transmise Ă  travers les meubles.
La deuxiĂšme collection est contemporaine. Pour celle-ci j’assemble entre elles les diffĂ©rentes essences de bois pour en faire du patchwork. Cela ressemble Ă  la marqueterie bien que la technique soit diffĂ©rente. Je mets ainsi Ă  profit les couleurs naturelles des bois ainsi que leur veinage variĂ©s pour crĂ©er des meubles et objets aux lignes pures et simples. Dans cette collection la beautĂ© du bois est mise en valeur par l’harmonie des couleurs et par un travail soignĂ©.
Les meubles sont des piÚces uniques ou faits en série limitée. Chaque meuble est estampillé du logo ARTE.

À part les meubles quels sont les objets et les divers produits que l’on peut trouver dans la galerie ?
IL y a les Ɠuvres d’art. La Galerie organise trois expositions individuelles par an et expose en permanence de l’art africain contemporain. Nous privilĂ©gions les expositions des MaĂźtres de la peinture sĂ©nĂ©galaise mais « dĂ©nichons » et encourageons les jeunes talents
Nous prĂ©sentons aussi de l’artisanat sous-rĂ©gional comme l’artisanat Touareg et aussi l’artisanat du SĂ©nĂ©gal comme les assiettes peintes Ă  la main ou les suweer –peinture sous-verre, tradition artisanale SĂ©nĂ©galaise- RĂ©cemment, j’ai organisĂ© une exposition Ă  Paris Ă  la Grande Chancellerie de la LĂ©gion d’Honneur, et j’ai eu Ă  prĂ©senter des objets confiĂ©s par des artisans.

On connaĂźt l’esthĂ©tique de vos objets divers. À quoi ressemble votre intĂ©rieur ? Quels styles, quels objets de dĂ©coration peut-on trouver chez Jöelle ?
Mon intĂ©rieur est Ă  l’image de la galerie donc de moi-mĂȘme. C’est un mĂ©lange d’Afrique et d’occident et il reflĂšte ainsi ma personnalitĂ© puisque je suis mĂ©tisse.
Les meubles sont en bois d’Afrique aux lignes Ă©purĂ©es, j’ai des toiles de maĂźtre comme ViyĂ© Diba, Souleymane Keita, Amadou Sow et Ă©galement des Ɠuvres de jeunes artistes. Pour ce qui est de l’art traditionnel, j’ai quelques portes Dogon, une statue Tellem , des poteries maliennes et des tissus Nschak zaĂŻrois.

En tant que designer d’intĂ©rieur, quel regard portez-vous sur les intĂ©rieurs au SĂ©nĂ©gal? Quels conseils pouvez-vous donner aux femmes SĂ©nĂ©galaises et peut-ĂȘtre aux femmes Africaines?
Je ne pourrais donner de conseils car je pense que l’esthĂ©tique est une question de goĂ»ts avant tout. Il est difficile de gĂ©nĂ©raliser car au SĂ©nĂ©gal, la dĂ©coration est assez Ă©clectique, les goĂ»ts y sont trĂšs variĂ©s. Certains SĂ©nĂ©galais sont des amateurs d’art donc trĂšs souvent leurs intĂ©rieurs reflĂštent l’art et le design contemporains avec de belles Ɠuvres, des tapisseries locales, des meubles design. D’autres, comme partout dans le monde, vont plutĂŽt pencher vers les meubles vernis et les sofas en cuir. Encore une fois, cela dĂ©pend vraiment des goĂ»ts des uns et des autres, on ne peut faire une gĂ©nĂ©ralisation.

Aujourd’hui on constate que les intĂ©rieurs se mĂ©tissent. Les styles fusionnent ; des masques d’Afrique, en passant par les meubles Chinois ou tissus d’Asie. Pensez-vous que ça soit une tendance ou un phĂ©nomĂšne durable ?
Avec la globalisation, les gens voyagent de plus en plus et sont moins cloisonnĂ©s dans leur culture. Il y a un brassage, un mĂ©tissage des cultures qui est reflĂ©tĂ© dans les intĂ©rieurs. Beaucoup d’EuropĂ©ens vivant Ă  Dakar sont confrontĂ©s aux cultures locales et s’imprĂšgnent donc de celles-ci et des styles du pays. En France, on note que des grandes marques de meubles prĂ©sentent des styles appelĂ©s en occident « ethniques » ou design « exotique » qui prouve que la tendance est aujourd’hui au mĂ©tissage des styles.

Quelles projections faites-vous sur le design d’intĂ©rieur en Afrique et plus particuliĂšrement au SĂ©nĂ©gal?
Le SĂ©nĂ©gal a une fibre artistique plasticienne traditionnelle, probablement une des premiĂšres en Afrique et ceci grĂące au PrĂ©sident Senghor, qui a ouvert plusieurs structures dont l’Ecole des Beaux Arts et a beaucoup ƓuvrĂ© pour la culture au SĂ©nĂ©gal. Je constate que les SĂ©nĂ©galais visitent les expositions de plus en plus. La biennale Dak’Art est une vitrine qui attire du monde, les galeries sont nombreuses Ă  Dakar. Je pense donc que la dĂ©coration a une place grandissante. Je suis absolument convaincue que cela va aller de l’avant !

On constate votre engouement pour l’intĂ©gration, la combinaison de piĂšces traditionnelles dans des meubles contemporains. Pourrait-on voir un jour ce genre d’assemblage comme un Ă©lĂ©ment architectural d’un intĂ©rieur ou voire une façade ?
Ces assemblages existent dĂ©jĂ , l’hĂ©ritage de l’architecture Soudanaise notamment celle de la mosquĂ©e de DjennĂ© a inspirĂ© la polyclinique ou la devanture de l’hĂŽpital Le Dantec. Senghor dans son concept du parallĂ©lisme asymĂ©trique a aussi donnĂ© le coup d’envoi Ă  une architecture contemporaine inspirĂ©e de la tradition africaine. Je pense effectivement qu’on verra de plus en plus ce genre de combinaisons entre tradition et design contemporain dans les concepts de design. Il avait compris que l’avenir est dans le mĂ©tissage des cultures, c’était un prĂ©curseur.

Sur le plan acadĂ©mique, pensez-vous qu’une Ă©cole de design puisse voir le jour Ă  Dakar ou dans une autre ville Africaine ? Seriez-vous intĂ©ressĂ©e par une telle initiative?

Tout Ă  fait ! Beaucoup de designers sont formĂ©s Ă  l’étranger ou autodidactes. Aujourd’hui au SĂ©nĂ©gal, d’excellentes Ă©coles de niveau supĂ©rieur s’ouvrent dans tous les domaines et pourquoi pas dans le design ? Si on me le proposait je serais prĂȘte Ă  m’impliquer dans un tel projet.

Votre mot de la fin ?
L’Afrique est un continent qui reste encore mystĂ©rieux et souvent inaccessible dans sa comprĂ©hension pour l’occident. En Afrique le savoir-faire artisanal est toujours traditionnel et nous ne connaissons pas la fabrication en grande sĂ©rie comme en Asie. Cela est bien sur un handicap Ă©conomique car il est difficile de commercialiser des produits sans production de masse mais c’est aussi un avantage pour une clientĂšle raffinĂ©e qui recherche des piĂšces authentiques, faites en petites sĂ©rie ou piĂšces uniques. Ce type de clientĂšle est Ă  la recherche d’un artisanat fait Ă  la main avec des matĂ©riaux originaux et non de substitution. Notre succĂšs vient aussi de ce lĂ  car le continent excelle dans ce domaine et offre une crĂ©ativitĂ© exceptionnelle. De plus, l’ùre OBAMA est un facteur qu’il ne faut pas nĂ©gliger pour le regain d’intĂ©rĂȘt des occidentaux par rapport Ă  l’Afrique.

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La naissance d’Afrodiziak Touch


Une jeune crĂ©atrice fĂ©rue de mode qui entre dans le monde du stylisme ethnique. Une marque pour les femmes qui aiment l’Afrique et le stylisme contemporain.Vous ĂȘtes d’origine malienne?
Oui, je suis née en France de parents originaires du Mali, issus des ethnies Bambara par ma mÚre et Soninké par mon pÚre.
Qu’est ce qui vous a donnĂ© envie de vous lancer dans la mode ethnique ?
Tout d’abord, ma passion pour la mode, j’aime tout ce qui touche Ă  la crĂ©ativitĂ© et l’originalitĂ© ! Ensuite mon grand intĂ©rĂȘt pour les pays du monde, notamment l’Afrique.
Qu’est ce qui vous diffĂ©rencie des autres crĂ©ateurs ethniques?
J’espĂšre apporter aux femmes d’aujourd’hui, la touche d’originalitĂ© et de fraĂźcheur qu’elles attendent dans leurs garde-robe, car cĂŽtĂ© produits, fidĂšle Ă  son univers, Afrodisiak Touch fait ressortir une double personnalitĂ© de chaque piĂšce par ses jeux de matiĂšres ou de couleurs

Les silhouettes sont « chic » dans les matiÚres ethniques, et imposent le glamour et la séduction dans des matiÚres comme la soie, le satin.
Quel est votre parcours
Mes parents sont commerçants de tissus africains et bijoux, j’ai donc pu bĂ©nĂ©ficier de leurs expĂ©riences dans ce domaine. J’ai su me distinguer dans le mannequinĂąt,
mais Ă©galement dans mes engagements dans le domaine associatif, entre la France et le Mali. De ces expĂ©riences captivantes au cƓur mĂȘme de l’Afrique, j’ai su crĂ©er un univers artistique propre, mĂ©tissĂ©, contemporain et intemporel en composant Ă  partir de coupes modernes, de
textures ethniques et de formes atypiques.
Qu’est ce qui vous inspire pour vos crĂ©ations ?
Mon concept Afrodisiak Touch joue avec le mĂ©lange des cultures et signe des collections mariant design et modernitĂ©, ainsi qu’une intense inspiration ethnique, oĂč les couleurs rythment la cadence, ponctuĂ©s par une
touche d’originalitĂ©.
Les ambitions pour la marque.
Quelles ont Ă©tĂ© vos difficultĂ©s en tant que crĂ©atrice?Le plus difficile actuellement, est que j’occupe diffĂ©rentes casquettes,pour faire vivre Afrodisiak Touch : Le contrĂŽle qualitĂ© et le choix des tissus, le design et la crĂ©ation des produits, la prĂ©paration et l’expĂ©dition des colis, ainsi que le suivie clients, la comptabilitĂ© et la gestion des stocks.
Je gĂšre en parallĂšle, les shootings photos et spots publicitaire vidĂ©o,l’administration du site internet et
la communication avec tous les supports marketing

Bref, la grande difficultĂ© est d’ĂȘtre partout en mĂȘme temps, mais tout se passe trĂšs bien ! Je suis perfectionniste, trĂšs engagĂ©e et j’adore mon activitĂ© !
Quels sont vos objectifs ?
Internationaliser mon concept Ă  travers le monde, dĂ©velopper des partenariats avec des prestataires de qualitĂ© et complĂ©mentaires Ă  mon activitĂ© et qui partage la mĂȘme passion.

Quelle est l’actualitĂ© d’Afrodisiak touch ?
Je suis nominé au concours de jeunes Talents Soninké « Linondaade », dans la catégorie Styliste.
Je participe en tant que Styliste l’élection de Miss mali France 2010
BientÎt des parutions dans les pages Mode des magazines Afro-caribéens.
Un défilé de mode prévu pour le 2Úme trimestre 2011.
Votre mode est adressée à quel type de femme ?
Toutes les femmes plurielles, mon objectif est d’allier toutes les cultures du monde et de proposer des crĂ©ations accessibles Ă  toutes !
Que reprĂ©sente pour vous la femme “Noir au FĂ©minin”
Une femme qui s’assume et qui n’a pas peur d’exprimer ses pensĂ©es

Citez nous 5 qualités qui mettent en valeur la femme
L’originalitĂ©
La créativité
La perfection
L’intelligence
L’ambition
Pour découvrir son talent et sa collection :
AFRODISIAK TOUCH
Tour Pleyel, 153 Bd Anatole France – 93571 St Denis Cedex
Hotline : 06.29.58.49.74
Mail : support@afrodisiak-touch.com
Site : www.afrodisiak-touch.com
Partez Ă  la dĂ©couverte de l’univers mode de Kadiatou Soumare dĂ©diĂ© aux femmes du monde



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ASSIRENI, la boutique de cosmétiques bio en ligne. Pour les accros de beauté et de naturel, découvrez le portrait de sa fondatrice ivoiro-martiniquaise. Une jeune femme dynamique.

1/ Parlez-nous de votre parcours ?
Originaire de la Martinique et de la CĂŽte d’Ivoire, j’ai un parcours atypique. J’ai grandi en banlieue parisienne jusqu’à l’ñge de 18 ans puis je suis partie aux Antilles pour poursuivre mes Ă©tudes. Pendant plus de trois annĂ©es, ce « retour aux sources » m’a permis de renouer avec mes origines et de dĂ©couvrir les richesses des caraĂŻbes : Martinique, Barbade, Sainte-Lucie et Trinidad-and-Tobago.
Mon expérience professionnelle dans la gestion de projets et le management de ressources débute en 2002 chez Fauchon, puis chez Colt Télécommunications, Barilla France et PPD France. En Mai 2008, ma passion des cosmétiques biologiques et naturels me décide à créer mon entreprise : Assireni avec la boutique en ligne www.assireni.com.
2/ Qu’est ce qui vous a donnĂ© envie de crĂ©er votre entreprise ?
L’attrait pour les produits naturels et la sensibilitĂ© aux questions d’environnement ont toujours fait partie de mon quotidien. Il y a trois ans, le jour oĂč j’ai pris conscience que la crĂšme au beurre de karitĂ© que j’achetai en cosmĂ©tique conventionnelle ne contenait en rĂ©alitĂ© qu’un infime pourcentage de beurre de karitĂ© et que le reste n’était en fait que de la synthĂšse et autres ingrĂ©dients pas toujours trĂšs bon pour la santĂ© ou l’environnement. Pour moi ça a Ă©tĂ© LE dĂ©clic ! Mon ambition premiĂšre en crĂ©ant Assireni est de proposer des produits de beautĂ© en respect avec l’environnement ; une cosmĂ©tique plus responsable en accord avec les aspirations des consommatrices, la nature et sa biodiversitĂ©.
3/ Vous ĂȘtes dans les cosmĂ©tiques, trouvez vous ce secteur facile et sur quel crĂ©neau ĂȘtes- vous ?
Je ne pense pas qu’il existe de secteurs d’activitĂ© plus facile que d’autres. J’évolue dans un environnement que j’apprĂ©cie cela rend certainement les choses plus agrĂ©ables. Mon crĂ©neau ? La beautĂ© cosmopolite et naturelle. Offrir des soins bios et naturels Ă  tous les types de peau. Je suis convaincue de l’efficacitĂ© d’une cosmĂ©tique qui se base sur des principes actifs riches en ingrĂ©dients naturels. Assireni.com conjugue Ă©thique et bien-ĂȘtre, authenticitĂ© et harmonie ; propose des produits de qualitĂ© fidĂšles Ă  une charte scrupuleusement respectĂ©e. Les produits que l’on retrouve sur www.assireni.com sont basĂ©s sur des actifs naturels exotiques : argan, karitĂ©, avocat, buriti, etc. Ces ingrĂ©dients originaires des pays du sud, possĂšdent de vĂ©ritables propriĂ©tĂ©s qui mĂ©ritent d’ĂȘtres connues. En sĂ©lectionnant ce type de soins, c’est une maniĂšre d’encourager les producteurs qui travaillent dans ce sens.
La chef d’entreprise.
4/ Quels ont Ă©tĂ© les obstacles et les difficultĂ©s Ă  surmonter en tant que femme et chef d’entreprise.
En tant que femme, j’ai rencontrĂ© les mĂȘmes difficultĂ©s que tous les crĂ©ateurs d’entreprise. Monter un projet solide et arriver Ă  lever des financements pour le rĂ©aliser. Ce sont des difficultĂ©s qui font parties du jeu.
5/ Quels conseils souhaitez vous donner Ă  des femmes qui sont, ou ont envie d’ĂȘtre, dans votre secteur d’activitĂ© ?
Il est selon moi, important de bien s’entourer, de se faire accompagner, d’adhĂ©rer Ă  des structures d’aide Ă  la crĂ©ation, de dĂ©velopper un rĂ©seau

6/ Quelles sont vos ambitions ?
Mon ambition premiĂšre est de dĂ©velopper l’accĂšs Ă  une cosmĂ©tique Bio de qualitĂ©. Aujourd’hui il y a de plus en plus de produits qui sortent sur le marchĂ© et qui sont dignes de concurrencer la cosmĂ©tique conventionnelle actuelle. Trop de gens aujourd’hui ne tente pas l’expĂ©rience de la cosmĂ©tique Bio car ils la connaissent peu et pensent Ă  tort que cette cosmĂ©tique ne leur est pas destinĂ©e. A travers assireni.com j’essaie un peu de changer cet Ă©tat des choses.
7/ Comment gĂ©rez vous votre vie de femme et de chef d’entreprise ?
L’important pour moi est de toujours garder un Ă©quilibre. Je gĂšre ma sociĂ©tĂ© mais je n’oublie pas de me rĂ©server du temps pour mes proches et pour moi.
8/ Quels autres combats souhaitez-vous mener ?
Toujours dans le secteur de la beautĂ©, j’aimerai que le retour au naturel soit une valeur montante. Que les gens rĂ©apprennent un peu plus chaque jour la richesse des ingrĂ©dients naturels et que l’on rĂ©apprenne Ă  les utiliser. Je pense notamment Ă  des produits tels que le karitĂ©, l’huile de carapate, l’huile d’avocat

9/ En quelques mots, que représente la femme noire pour vous ?
Elégante et pleine de bonne humeur, la femme noire possÚde un capital beauté naturel dont elle doit prendre soin avec attention.
Petits secrets de femmes.
10/ Quels sont vos petits secrets de beauté (peau, cheveu, maquillage)
Je suis fan des huiles et beurres vĂ©gĂ©taux. Je les utilise en soins de la peau et du cheveu. Je suis devenue Ă©galement une inconditionnelle des crĂšmes de nuit, elles ont l’avantage de nourrir la peau en profondeur et de la laisser douce et souple.
Merci et longue vie à Assireni



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Plusieurs fois primĂ©e et jouĂ©e Ă  Broadway, sa piĂšce “For Colored Girls Who Have Considered Suicide When The Rainbow is Enuf” va ĂȘtre adaptĂ©e au cinĂ©ma par le rĂ©alisateur et producteur Tyler Perry. Au casting, Janet Jackson, Phylicia Rashad ou encore Macy Gray.

Ntozake Shange, poétesse, dramaturge et écrivain noire-americaine

Contrairement Ă  ce que son nom pourrait faire croire, Ntozake Shange n’est pas africaine, mais afro-amĂ©ricaine. NĂ©e dans le New Jersey le 18 octobre 1948, Paulette L. Williams est issue d’un milieu bourgeois. Son pĂšre Ă©tait chirurgien de l’armĂ©e de l’air, et sa mĂšre assistante sociale et Ă©ducatrice spĂ©cialisĂ©e en psychiatrie.

Paulette L. Williams a changĂ© de nom en 1971, aprĂšs des Ă©preuves personnelles (divorce et dĂ©pression) qui ont failli la pousser au suicide. Pour sortir de ce qu’elle considĂšre comme une aliĂ©nation, Paulette L. Williams choisit de se dĂ©finir dĂ©sormais par des termes Xhosa (Afrique du Sud), et qu’on pourrait traduire par « celle qui vient avec ses propres idĂ©es et marche avec les lions ».

“For Colored Girls” bientĂŽt au cinĂ©ma

Le producteur, rĂ©alisateur de films Ă  succĂšs Tyler Perry va adapter au cinĂ©ma la piĂšce de thĂ©Ăątre “For Colored Girls”. Pressentie au dĂ©part pour faire partie d’un casting comptant plusieurs Vip afro-US, la chanteuse Mariah Carey n’y sera finalement pas.

FĂ©ministe convaincue et trĂšs intĂ©ressĂ©e par les problĂ©matiques raciales, Ntozake Shange est aussi l’auteure de piĂšces de thĂ©Ăątres et recueils de poĂ©sie comme « Mother Courage and her Children », « Boogie Woogie Landscapes », « Where The Mississipi Meets the Amazon », « Nappy Edges », et de romans comme « If I Can Cook You Know God Can », « Liliane », « The Black Book » ou « Betsey Brown ».


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KinĂ©e Diouf a Ă©tĂ© remarquĂ© sur la scĂšne la premiĂšre fois en 2006 apres avoir signĂ© un contrat avec Nathalie Paris. Au cours de cette mĂȘme annĂ©e, elle a Ă©tĂ© avec l’agence “New York models” et a dĂ©butĂ© en Mars les dĂ©filĂ©s de mode de Vivienne Westwood et Givenchy Ă  Paris. Elle a aussi travaillĂ© pour Lanvin, Louis Vuitton et Yves Saint laurent. Elle a fait partie de la campagne publicitaire de Gap en 2006.

Elle a été dans plusieurs magazines comme Italian Flair, French Revue de Modes, Italian Vanity Fair, Times T Style, Numéro, Another Magazine et German Vogue. Ses campagnes publicitaires incluent Benetton et M.A.C. Cosmetics

Source : jamati.fr